dimanche 2 septembre 2012

Mt 6, 19-34


Mt 6, 19-34
Lectures bibliques : Gn 1, 26-31 ; Mt 6, 19-34 ; Mt 19, 16-26
Série de prédications sur Mt 5 à 7 (le sermon sur la montagne) : n°9 – Mt 6, 19-34
Thématique : lâcher nos soucis matériels, nos préoccupations éphémères, pour nous en remettre, dans la confiance, à la bonté providentielle de Dieu, pour orienter notre quête vers le royaume et la justice de Dieu.
Prédication de Pascal LEFEBVRE / Marmande, le 02/09/12.

Dans certaines situations de la vie, les soucis quotidiens peuvent nous accabler – nous ou nos proches – les inquiétudes nous user, nous tourmenter, nous anéantir.
Qu’est-ce que Jésus nous enseigne face à nos préoccupations, face à ce qui prend parfois tant de place de notre existence… et qui peut venir l’assombrir, la gâter ou la gâcher ?

Nous entendons ce matin une suite de maximes qui gravitent autour d’une instruction centrale : Jésus nous invite à nous abandonner dans la foi, à placer toute notre confiance dans la bonté providentielle de Dieu.
Parce que la providence de Dieu est à l’œuvre, nous pouvons lâcher prise pour les petites choses de la vie (la nourriture, le vêtement) – bien qu’elles soient indispensables – afin de nous orienter vers ce qui a véritablement du poids, vers ce qui relève de notre responsabilité : chercher le royaume et la justice de Dieu (v.33).

Parce que Dieu veille sur nous, parce qu’il prend soin de ses créatures et pourvoit chaque jour à tout ce dont nous avons besoin pour vivre… grâce à sa création… nous pouvons cesser de nous préoccuper de la nourriture, du vêtement, du lendemain (Mt 6, 25-34)… nous pouvons cesser de nous faire du soucis pour nous-mêmes, pour concentrer notre attention vers les autres… pour tourner notre regard vers le prochain… pour agir à la manière de Dieu – dans le don et la gratuité – … pour prendre part au royaume : au monde nouveau de Dieu.

La 1ère maxime (v. 19-21) – « Ne thésaurisez pas pour vous des trésor sur la terre… mais amassez-vous des trésors dans le ciel » – pose la question du lieu où nous plaçons notre trésor, notre cœur.
L’idée est celle d’un amas inutile de biens périssables : vêtements attaqués par les mites et argent corrodé par la rouille.
La maxime suggère que notre préoccupation principale doit dépasser l’accumulation de biens, de richesses…. car tout cela – comme le dit l’expression populaire et le titre d’un film – « vous ne l’emporterez pas au paradis »… tout cela relève du provisoire, du périssable, de l’éphémère.
Jésus nous invite à placer notre cœur, notre attention, notre sollicitude vers quelque chose de plus « durable », de plus important, de plus précieux : le trésor que nous pouvons nous constituer « dans le ciel », dans le domaine de Dieu.

Mais précisément : comment se constituer un trésor dans le ciel ?
Jésus nous donne la réponse dans un autre passage du Nouveau Testament en s’adressant au jeune homme riche (cf. Mt 19, 21) :
« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi ! »
La différence entre un trésor « terrestre » et un trésor « céleste », c’est que ce dernier se constitue non dans la possession, l’accaparement, mais dans le don, le partage.

C’est le don – don de soi, de son amitié, de ses charismes, de ses biens – c’est le partage, l’aumône (cf. Lc 12, 33) – le don en faveur du prochain, du plus pauvre – qui permet de se constituer un trésor devant Dieu.
Pourquoi ? … parce que ce don lui rend gloire… parce qu’il participe à la justice de Dieu... qui est bon pour tous – pour chacun quel qu’il soit – au-delà de nos distinctions, de nos catégories.
L’Evangile ne nous rappelle-t-il pas que Dieu « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber sa pluie sur justes et les injustes » (Mt 5, 45).
Jésus nous appelle à nous inscrire dans la même dynamique, dans le même élan… à vivre dans le don et la générosité… sans avarice, sans calcul… à l’image de la bonté providentielle de Dieu.

Autrement dit, spirituellement parlant, nous sommes riches non de ce que nous possédons, mais de ce que nous partageons, de ce que nous donnons. C’est le don qui nous enrichit (cf. Mt 10, 39 ; 16, 25). C’est ce que nous rappelle ce matin l’Evangile.

La 2ème maxime (v. 22-23) se concentre sur l’œil, c’est-à-dire sur la manière dont nous voyons les choses dans la vie.
L’œil est comparé à une « lampe », non parce qu’il éclaire, mais parce qu’il reçoit la lumière… parce qu’il permet de regarder dans la bonne direction… parce qu’il permet de voir, de façon lucide ou opaque.
L’œil est l’organe qui perçoit et reflète la lumière dans tout le corps. Autrement dit, notre regard a un impact sur notre façon d’être et d’agir.
L’œil sain est opposé à l’œil malade :
L’œil sain ou simple est celui qui ne se laisse pas séduire par la cupidité ou par la jalousie. Les rabbins parlent d’un « œil bon ».
Au contraire, l’œil « mauvais » est toujours avare de ses biens (cf. Dt 15, 9) ou envieux de ceux d’autrui (cf. Si 14, 8-10).
Dans la Bible (cf. les Proverbes, le Siracide), le mauvais œil désigne le mouvement de colère et de jalousie de l’homme tout entier (voir aussi Mt 20, 15).
Jésus nous appelle à reconnaître, à discerner la vraie lumière… pour développer un œil bienveillant, emprunt de bonté… pour devenir porteur de lumière, pour nous et notre entourage.

Quand le regard, l’attention de l’homme se porte tout entier vers Dieu et sa Loi (sa volonté), la personne toute entière, unifiée, est maintenue dans la lumière.

La 3ème maxime (v.24) introduit une sorte de personnification de « Mammon ».
Mammon, ce n’est pas simplement l’argent, mais toute « richesse ». C’est ce en quoi l’homme se fie, ce en quoi il met sa confiance.
En inscrivant une alternative exclusive entre Dieu et Mammon, la question que Jésus nous pose est la suivante :
En quoi pouvons-nous véritablement nous fier ? En qui placer notre confiance ? En Dieu ou en Mammon : en nos richesses ?

A travers le récit du jeune homme riche, l’évangile nous fait comprendre qu’il existe un lien profond entre la « confiance » de l’homme et sa « richesse » (cf. Mt 19, 23s).
L’évangile démasque le Mammon comme une idole, comme l’objet d’une confiance mal placée et aliénante.
L’idolâtrie apparaît lorsque notre regard s’arrête en cours de route, lorsqu’il ne vise pas assez loin… lorsqu’il porte sur une richesse provisoire et non ultime.
L’idolâtrie consiste à se tromper de cible … à transformer des moyens en fin ultime.
Lorsqu’un moyen – l’argent, la possession – est élevé en but à atteindre, il devient une idole, il me fait tomber sous sa coupe et fait de moi son esclave.
En devenant une quête, l’objet de ma préoccupation ultime – au lieu de rester à sa place d’objet transitoire, de moyen – la richesse risque de m’enfermer sur elle-même et de me détourner de Dieu, en prenant sa place.

Pour éviter de tomber dans l’idolâtrie, Jésus nous invite à un choix, une alternative radicale : renoncer à la richesse matérielle pour l’amour de Dieu.
A première vue, ce choix radical peut nous paraître « fou », totalement déraisonnable. Mais lorsqu’on comprend qu’il existe une manière intelligente et utile de le mettre en œuvre, de le concrétiser, il prend tout son sens :
Pour ne pas succomber à l’esclavage de Mammon, générateur d’égoïsme et de préoccupations matérielles incessantes… pour vivre véritablement libre… Jésus nous invite à un abandon.
Il nous appelle à nous libérer de nos soucis, à nous soulager du poids de nos inquiétudes liées à nos possessions… en partageant nos biens… en  les mettant au service du royaume et de la justice de Dieu… en en faisant profiter ceux qui en ont le plus besoin.
C’est en ce sens qu’on peut comprendre l’appel que Jésus adresse au jeune homme riche : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi ! »
Jésus invite ainsi ceux qui veulent le suivre à servir le bon maître (Dieu et non Mammon) : à placer leur confiance dans la bonté providentielle de Dieu, plutôt qu’en un faux dieu : une richesse provisoire et périssable… source d’attention et de préoccupations quotidiennes.

- « [C’est] pour cela [que] je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie… ».
La 4ème maxime (v. 25-34) est en lien avec ce qui précède.
Outre de conduire à l’égocentrisme et à l’avarice, c’est le service du Mammon (de l’argent) qui cause l’anxiété et la préoccupation.
Le mot d’ordre est le lâcher prise dans la confiance.
Jésus nous appelle à nous « dépréoccuper ». L’expression[1] revient six fois : « Ne vous préoccupez pas… ne soyez pas anxieux… ne vous tourmentez pas ».
« La préoccupation du monde » – la richesse ou plutôt « l’illusion de la richesse » – étouffe la parole du royaume (comme le rappelle la parabole du semeur - cf. Mt 13, 22)[2].
Elle nous détourne de cette juste préoccupation que Paul appelle « la préoccupation (ou le souci) des uns pour les autres » (cf. 1 Co 12, 25).

S’il s’agit de lâcher nos préoccupations élémentaires et habituelles, ce n’est pas pour sombrer dans la paresse, mais c’est pour se rendre disponible pour autre chose, pour les « choses du Seigneur » (cf. 1 Co 7, 32s)… pour lui être attaché sans partage, sans tiraillement… pour « chercher avant tout le royaume et la justice de Dieu » (v.33).

Rechercher le royaume de Dieu, c’est servir Dieu (v.24), c’est regarder à sa seule volonté (v.22-23), c’est se détacher des trésors illusoires (v.19-21), pour s’engager à son seul service.

C’est ainsi que Jésus traduit la foi dans son sermon sur la montagne.
La foi, c’est la confiance en la providence et en la justice du Père céleste, qui pourvoit chaque jour aux besoins de ses enfants (cf. Mt 5, 45 ; 7, 11).
Et la mesure de cette foi, c’est l’aujourd’hui, comme l’affirme le dernier verset : « Ne vous préoccupez donc pas du lendemain, parce que le lendemain se préoccupera de lui-même : elle est suffisante pour [chaque] jour sa peine » (v.34).
Il s’agit, en quelque sorte, d’un commentaire de la demande centrale du Notre Père : « Donne-nous aujourd’hui notre pain du jour » (Mt 6, 11).
Jésus invite ses disciples à demander au jour le jour la nourriture nécessaire, avec la certitude que Dieu y pourvoira chaque jour, comme il avait nourri Israël au désert par la manne recueillie jour après jour. Rappelons-nous ce passage dans le livre de l’Exode :
« Le Seigneur dit à Moïse : "Voici, je vais faire pleuvoir du pain depuis le ciel pour vous : le peuple sortira en ramasser chaque jour la ration d’un jour » (Ex 16, 4).
Voici à ce sujet le commentaire décoiffant d’un rabbin :
« Rabbi El’Azar dit : Quiconque a de quoi manger pour aujourd’hui, et se demande ce qu’il mangera demain, est un homme qui manque de foi »[3].
Je crois qu’aux yeux de ce rabbin, nous manquons tous de foi…
Comment ne pas penser au lendemain ?... Comment s’enraciner dans la confiance au point de vivre le quotidien, sans penser au futur ?

Précisément… qu’est-ce qui peut nous autoriser une telle confiance ?... qu’est-ce qui nous permet de lâcher prise dans la confiance… de placer notre foi en Dieu, notre Père, le Créateur ?
Sa bonté providentielle ! C’est ce que nous rappelle l’Evangile de ce jour.
Parce que Dieu pourvoit à toutes ces petites choses (à la nourriture et au vêtement), nous pouvons orienter notre vie vers de plus grandes choses.
En effet, « La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? » (v.25).
Jésus nous offre un raisonnement a fortiori : si Dieu nous a donné les choses les plus grandes, l’âme [la vie][4] et le corps, ne nous donnera-t-il pas aussi les plus petites, la nourriture et le vêtement ?

Il suffit d’ouvrir les yeux autour de nous… d’observer la nature dans les quelques endroits (les réserves naturelles) où elle est encore protégée.
Les oiseaux sont un exemple de liberté par rapport à l’anxiété. Ils ne travaillent pas comme les hommes (qui sèment, moissonnent et engrangent les récoltes), et pourtant le Père céleste les nourrit.
Alors combien plus nous nourrira-t-il, nous qui sommes créés à son image, nous qui pouvons travailler pour lui.

Mais pour actualiser ce raisonnement, dans notre monde contemporain, il faut ajouter une condition :
Si Dieu le Père, le Créateur, nourrit les oiseaux, combien plus nous nourrira-t-il… à condition que par nos actions – nos actions blâmables – notre pollution, notre exploitation intensive et abusive de la nature, nous ne contribuions pas à diminuer nous-mêmes notre subsistance ?
Combien plus Dieu notre Père, le Créateur, nous nourrira-t-il… à condition que nous sachions partager entre nous, entre les peuples, entre frères, au lieu d’exploiter les hommes et les ressources, par notre convoitise… au lieu de laisser mourir une partie de l’humanité dans la misère, pour en avoir toujours plus, pour notre seul profit.
Ce n’est pas exactement ce que dit Jésus, mais je crois que c’est ce qu’on pourrait entendre aujourd’hui, à la vue de ce que l’homme est en train de faire en malmenant la création que Dieu lui a confié (cf. Gn 1, 26-30)[5]… en écrasant – au mépris de la justice – les plus faibles à l’autre bout de la planète.

De même, les lys des champs ne travaillent pas comme les femmes (qui peinent et qui filent), et pourtant le Créateur les habille magnifiquement.
Alors combien plus Dieu le Père nous vêtira-t-il, pour peu que nous lui fassions confiance ?... et pour peu que nous ne détruisions pas les ressources que la nature nous offre pour nous vêtir.

Jésus nous invite ainsi à quitter nos soucis matériels, nos préoccupations élémentaires, à lâcher prise dans la confiance, pour nous en remettre à la providence de Dieu… à condition que nous arrêtions de détruire sa création : cette création dont nous avons la charge et la responsabilité (comme nous rappelle le début du livre de la Genèse).

En d’autres termes, dans ce passage de l’évangile, Jésus ramène l’activité humaine à sa juste mesure. Ce n’est pas de nous, de notre activité, que vient la « vie », mais du Père céleste, du Créateur.
C’est pourquoi, notre souci ne doit pas porter sur la nourriture, le vêtement, le lendemain… encore moins sur l’argent… mais sur le partage quotidien avec le prochain, en vue du royaume et de la justice voulue par Dieu.
Cela passe par le respect de la vie, de la création… par la conservation de la nature… en vue de partager ses richesses, tout en maintenant et en faisant fructifier l’œuvre du Créateur, qui nous l’a confiée.

Conclusion : Alors, Frères et Sœurs, que pouvons-nous retenir de cette méditation ?[6]

En guise de conclusion, je retiendrai quatre enseignements, quatre conseils pratiques, pour apprendre à vivre avec nos soucis, pour les surmonter… pour que le flots des inquiétudes ne nous submerge pas, ne nous éteigne pas.

Le 1er conseil se rapporte à notre quotidien : chaque journée porte son lot de peine.
C’est bien assez que nous nous préoccupions des soucis du présent, pour ne pas porter en plus des soucis futurs : ceux que nous ne connaissons pas encore, mais que nous devinons.
Si – comme le jeune homme riche – nous ne parvenons pas à nous soustraire à nos préoccupations matérielles, ce que nous pouvons faire – au moins – c’est limiter notre inquiétude aux soucis présents et ne pas déborder sur les soucis futurs.
Car ceux-là sont susceptibles d’empoisonner notre vie présente.

Le 2ème conseil se rapporte à notre vie tout entière.
Redis-toi sans cesse : tu ne peux ajouter aucune minute à ta vie ou à celle des autres par des soucis (v.27).
Par contre, tu peux assombrir par des soucis de nombreuses minutes de ta vie (et de celle de tes proches).
Redis-toi sans cesse : la mort est inévitable. Elle vient. Elle vient pour toi et pour tous ceux que tu aimes. Mais il n’est pas inévitable que la pensée de la mort vienne empoisonner ta vie.
Alors… en attendant… au lieu de t’inquiéter… ne perd pas ton temps… apprend à lâcher prise… à abandonner tes soucis… à t’enraciner dans la confiance… à partager avec les autres.

Le 3ème conseil déplace notre regard au-delà de notre vie vers la nature, dans laquelle nous sommes inclus.
Les oiseaux et les lys ne connaissent pas de soucis. Ne devraient-ils pas nous servir d’exemple ? Un exemple d’insouciance ?
Mais voilà qui est justement devenu problématique aujourd’hui :
les oiseaux du ciel émigrent parce qu’ils ne trouvent plus chez nous de quoi se nourrir. Les lys doivent être protégés, afin qu’ils ne disparaissent pas. La nature à son tour est devenue pour nous un sujet de préoccupation. Elle l’est devenue parce que nous avons détruit son ordre.
Aussi amer que soit cet aveu, il contient pourtant une promesse :
si nous respectons à nouveau cet ordre, alors nous pourrons lui refaire confiance. Et elle redeviendra peut-être un exemple, un modèle pour nous apprendre à nous affranchir de nos soucis.

Et pour finir, le conseil le plus important. Il nous ouvre sur une perspective plus large : sur le royaume de Dieu et sa justice… c’est-à-dire la justice qu’attendent les citoyens de ce royaume et dont ils ont faim et soif.
Toute vie est une expérience pour satisfaire Dieu : depuis les être unicellulaires, les paramécies, jusqu’à l’homo sapiens, l’homme moderne.
Mais seul l’homme prend conscience de cette expérience, de cet appel.
Lui seul peut être saisi – au-delà de toutes les autres préoccupations –
par cette seule préoccupation : par cette faim et cette soif de justice… de ce que la volonté de Dieu soit faite sur la terre comme au ciel (cf. Mt 6, 10).
C’est parce que ce souci peut nous saisir, nous tirailler, nous blesser, que nous avons plus de valeur que les oiseaux du ciel et les lys des champs.
Devant cette grande préoccupation – cette préoccupation ultime – toutes les autres s’effacent.

Alors, Frères et Sœurs, apprenons à lâcher prise… à quitter nos préoccupations éphémères et provisoires… pour nous orienter vers cette préoccupation ultime.
Sachons prendre le temps de contempler la nature, de rêver, de méditer : de méditer aux oiseaux et aux lys, et à ce que Jésus dit des oiseaux et des lys…
Sachons accueillir dans notre vie, la force paisible que Dieu nous donne, en nous donnant son Esprit saint… sachons sentir cette force qui est une contre-force aux soucis qui rongent notre quotidien… sachons nous ouvrir à cette contre-force qui nous permet de vivre dans la confiance, pour confier à Dieu tout ce que nous tenaille, pour lui abandonner nos inquiétudes. 
Cette force libératrice que le Créateur nous donne, c’est « la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence ».
Qu’elle « garde nos cœurs et nos esprits dans le Christ Jésus » (cf. Ph 4, 7)… pour chercher le royaume et la justice de Dieu.
Amen.


[1] Le verbe merimnao.
[2] « Celui qui a été ensemencé dans les épines, c’est celui qui entend la Parole, mais le souci du monde et la séduction des richesses étouffent la Parole, et il reste sans fruit » (Mt 13, 22).
[3] Mekhilta’ de Rabbi Yishma’el sur Ex 16, 4.
[4] Ce que nous appelons « vie », c’est l'« âme » en hébreu et en grec biblique (nefesh, psyché), en tant que principe de l’animation du corps, mais aussi en tant que fonction régularisatrice des besoins vitaux, comme la faim. Il n’y a aucune différence, dans la Bible, entre « vie » biologique et « vie » spirituelle.
[5] L’être humain est chargé par Dieu de maîtriser la création qui lui est offerte (Gn 1, 26-30). En assignant à l’humanité cette tâche de dominer la terre et les animaux, Dieu lui demande implicitement d’agir comme lui, à son image, c’est-à-dire avec maîtrise et mesure ; et non dans la violence. Ceci afin que le règne animal puisse lui aussi fructifier et se multiplier, comme Dieu l’a ordonné (Gn 1, 22).
[6] Pour cette conclusion, nous inspirons d’une prédication de Gerd Theissen, Des traces de lumière, Collection « Parole Vive », Les Bergers et les mages, 1999, p.67-69.

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