lundi 8 janvier 2018

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dimanche 7 janvier 2018

Se laisser guider et transformer par la lumière du Christ

Lectures bibliques : Mt 2, 1-12 ; Mt 4, 12-17 ; Mt 5, 14-16 = voir après la prédication
Thématique : Suivre la lumière du Christ et se laisser transformer par elle.
Prédication de Pascal LEFEBVRE / Marmande, le 07/01/18

Prédication

Nous entendons aujourd’hui plusieurs passages de l’évangile selon Matthieu :

* Dans le premier - qu’on lit traditionnellement pour la fête de l’épiphanie - il est question des mages venus d’Orient - c’est-à-dire, de païens, d’étrangers, qui sont en recherche spirituelle… en quête de sens pour leur vie. 

Il existe de nombreux moyens de chercher, lorsqu’on est en quête de réponses : on peut ouvrir des livres de spiritualité ; on peut s’intéresser aux réponses qu’on trouve dans les Ecrits des différentes religions ; on peut entrer dans des lieux de culte et participer à la vie spirituelle d’une assemblée, à la vie de prière de telle ou telle communauté ; on peut méditer en silence chez soi ou prier ; mais, on peut aussi faire comme les mages : être attentif aux signes du temps et aux coïncidences… on peut se faire observateur de la Création et du ciel étoilé… pour essayer de deviner et de discerner les signes que le Créateur a pu laisser, pour nous guider dans notre périple, notre pèlerinage sur la terre. 

C’est ce que font ces mages - ces étrangers. Pour eux, l’apparition d’une étoile est le signe de la naissance d’un personnage important, d’un grand homme ou d’un roi, comme on le pensait à cette époque. 

Sans doute marqués par une espérance messianique, l’attente d’un Messie-Sauveur, comme beaucoup de leurs contemporains du 1er siècle… et bien qu’ils ne soient sans doute pas eux-mêmes Juifs, ils pensent que l’apparition de cette étoile marque la naissance du « roi des Juifs », c’est-à-dire du Messie tant attendu, d’où leur venue à Jérusalem, la ville sainte, rassemblant le Temple et les pèlerinages, et leur rencontre avec le roi Hérode, pour en savoir plus, pour essayer d’avoir confirmation de cet évènement, et pour faire sa connaissance. 

Devant ce questionnement Hérode se renseigne lui aussi et il en vient consulter les Scribes, les spécialistes des Ecritures hébraïques, qui confirment - selon une prophétie - qu’un Messie doit naître à Bethléem, qui était la ville de David.  
Dès lors, les mages poussent leur périple jusqu’à la-bas, pour rencontrer l’enfant-roi. 

Le paradoxe de cette situation que dépeint l’évangéliste Matthieu, c’est que ceux qui avaient connaissance de cette prophétie n’ont pas pris la peine de se mettre en route pour vérifier la venue du Messie et l’accueillir. 
Ce sont des étrangers, des non-Juifs, qui - eux - sont en quête… alors que les tenants de la religion instituée : Scribes et grands prêtres - semblent être enlisés dans leur tradition, leur routine et leurs habitudes.

Autrement dit, il ne suffit pas d’avoir à disposition des informations ou des révélations… il ne suffit pas de savoir et d’avoir les Ecritures à ses côtés, pour être véritablement en recherche spirituelle, pour se mettre en route… 

Ici, ceux qui cherchent véritablement sont ceux qui sont catalogués - répertoriés - comme des « non-croyants », des Gentils, des païens, des non-juifs, des étrangers. 

Bien sûr, on ne saura jamais si cet épisode raconté par Matthieu est une fiction littéraire et symbolique ou s’il s’agit réellement d’un récit historique. Mais peu importe… il nous est offert et nous questionne : 

Faut-il voir, dans cet épisode, une préfiguration : à savoir que Jésus, en tant que Christ, sera essentiellement reconnu et cru par des païens, plutôt que par des Juifs ? (Alors qu’il était venu d’abord pour parler « aux brebis perdues de la maison d’Israël ». (cf. Mt 15,24))

C’est - semble-t-il - ce qui s’est finalement produit : puisque bon nombre de premiers Chrétiens - des générations qui ont suivi l’apôtre Paul et, ensuite, ses disciples - ont été des pagano-chrétiens. Et que bon nombre de judéo-chrétiens, comme le raconte le livre des Actes et comme en témoigne l’évangile selon Jean - se sont retrouvés exclus de la synagogue.

Ou - deuxième hypothèse - faut-il voir, dans cette épisode, une sorte d’avertissement, à savoir que ceux qui sont en quête spirituelle - en recherche - sont parfois ceux qui se trouvent en dehors des religions instituées, des temples ou des assemblées ? 
Ce sont ceux qui acceptent de se déplacer, de sortir des sentiers battus, de se mettre en route… donc de quitter leurs présupposés, de s’interroger, de se mettre en mouvement. 

Il semble que cet épisode nous rappelle qu’il existe un risque potentiel dans l’attitude des « bons croyants »… et même une possibilité d’aveuglement…  à savoir que nos prétentions de savoir… et les réponses que nous pensons avoir et connaître… peuvent parfois nous mettre en danger de léthargie… ou devenir un frein à notre engagement. 

Ici, ce sont ceux qui reconnaissent ne pas savoir se déplacent ; Au contraire, ceux qui prétendent savoir n’ont plus besoin de la lumière de Dieu : ils restent assis dans leurs temples avec leurs Ecritures empoussiérées. 

A travers ce récit de l’épiphanie qui signifie « manifestation » ou « apparition », pour parler de l’apparition d’un nouvel astre lumineux, qui correspond - pour Matthieu - à la venue du Messie, du Christ, venu éclairer notre monde…. l’Evangile vient ainsi nous secouer et nous interroger : 

Où en sommes-nous personnellement ?… et collectivement ?
Sommes-nous toujours en quête, en recherche spirituelle, en recherche de sens ou de réponses, comme ces mages ? 
Ou sommes-nous un peu comme ces Scribes et ces grands prêtres, qui pensent avoir toutes les réponses (à travers les Ecritures et les dogmes), mais qui ne se donnent plus la peine de se lever, ni de se déplacer pour évoluer, pour se laisser renouveler par la lumière de cette nouvelle étoile, par la lumière du Christ ?

C’est toute la différence entre une foi qui nous endort, dans un certain conservatisme, avec une histoire « glorieuse » et millénaire, des lois et des traditions, qui nous sécurisent… et une foi qui nous appelle à un déplacement, à une nouveauté de vie… en vue d’une transformation. 

* En écho à ce premier épisode… et en lien avec ce questionnement… nous venons aussi d’entendre un deuxième passage, qui se situe au début de la vie publique de Jésus une fois qu’il est adulte. Il raconte le retrait de Jésus en Galilée, après l’arrestation de Jean le Baptiste.

Dans ce passage, Matthieu applique à Jésus une prophétie du livre d’Esaïe (cf. Es 8,23 - 9,1) : 
A nouveau - et comme un rappel du récit des mages avec l’étoile - Jésus est présenté comme le Christ, la lumière de Dieu qui vient illuminer le monde (cf. Mt 4,16). 

Avec la venue de Jésus sur notre terre, une lumière s’est levée. 
Ainsi que l’avaient pressenti les mages d’Orient, Jésus est reconnu de façon symbolique, comme l’étoile qui nous guide, comme la lumière qui vient vers nous, pour nous illuminer, pour que nous puissions la suivre. 

C’est là tout l’objet de cette présentation par l’évangéliste Matthieu. Il s’agit de rappeler, dès le début de son récit, l’identité réelle du protagoniste de son histoire :
Jésus - en tant que Christ - est annoncé comme étant la vraie lumière, qui nous a été donnée, pour nous guider, pour nous appeler à un déplacement, pour que nous puissions nous mettre en quête, en chemin… en ayant un point de mire à regarder… afin d’avoir une direction, une visée, un but à suivre.

Nous en avons pour preuve la déclaration qui suit immédiatement cette annonce : 
Aussitôt après avoir affirmé que Jésus accomplit la prophétie d’Esaïe, en incarnant cette grande lumière qui s’est levée… aussitôt après cela, Matthieu exprime les mots de Jésus qui appelle à la « conversion », c’est-à-dire, à un retournement, un déplacement, un changement de direction.

Aussi, nous voyons bien, dans les évangiles, quels sont les intentions des auteurs, par exemple, de Matthieu ou de Jean :
Pour eux, Jésus est la lumière du monde (Jn 8,12), mais cette lumière nous est donnée pour un changement de cap, une réorientation de nos vies, une transformation :

Nous sommes appelés à sortir de nos zones de ténèbres, de nos habitudes, de notre ego, de nos attachements mondains, de nos conformismes, pour entrer dans le règne de Dieu, pour chercher sa présence et sa justice dans notre vie (cf. Mt 6,33). 

Ecoutons encore ces paroles du Nouveau Testament  :
- Chez Matthieu :
A partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous (Changez de mentalité) : le Règne des cieux s’est approché. » (Mt 4,17)

- Chez Jean :
Jésus, à nouveau, leur adressa la parole : « Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres ; il aura la lumière qui conduit à la vie. » (Jn 8,12)

- Chez Paul :
La nuit est avancée, le jour est tout proche. Rejetons donc les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière. (Rm 13,12)

Ou encore :
Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez en enfants de lumière. Et le fruit de la lumière s’appelle : bonté, justice, vérité. Discernez ce qui plaît au Seigneur.  Ne vous associez pas aux œuvres stériles des ténèbres ; démasquez-les plutôt. Ce que ces gens font en secret, on a honte même d’en parler ; mais tout ce qui est démasqué, est manifesté par la lumière, car tout ce qui est manifesté est lumière. 
C’est pourquoi l’on dit : Eveille-toi, toi qui dors, lève-toi d’entre les morts, et sur toi le Christ resplendira. (Ep 5, 8-14)

Ainsi donc, pour les auteurs du Nouveau Testament, le Christ nous conduit à nous détourner des ténèbres, pour nous conduire vers la lumière… c'est-à-dire pour nous conduire à Dieu lui-même, car Dieu est lumière (comme le dit la 1ère épître de Jean). 

C’est donc en regardant au Christ, en voyant la lumière qu’il nous transmet et qui vient de Dieu, que nous sommes conduits au changement. 

En voyant le monde et ceux qui nous entourent avec les yeux du Christ - c'est-à-dire avec l’amour et la lumière qui le caractérisent - nous voyons la réalité autrement :

Nous pouvons apprendre à quitter notre égoïsme, notre égocentrisme, nos errements, nos ressassements, nos culpabilités, nos erreurs passées, et toutes nos servitudes… - nous pouvons sortir du « pays de l’ombre de la mort », comme l’appelle Essaie (cf. Es 9) -… pour nous ouvrir à la nouveauté, à Dieu, aux autres. 

La lumière vient manifester nos zones d’ombres, nos ténèbres, pour nous permettre de les éclairer, pour nous inciter à les quitter. 

Le Christ, par sa vie lumineuse, nous inspire un changement de vie : il nous offre de devenir, nous aussi, « lumière du monde »… comme nous l’avons entendu dans un troisième passage de l’évangile selon Matthieu (cf. Mt 5,14).

Jésus y explique que c’est par nos bonnes actions - nos actions justes - que nous faisons briller la lumière et qu’ainsi nous rendons gloire à Dieu (Mt 5, 14-16). 

Pour lui, notre lumière est liée à notre état d’esprit, notre bonté et notre justice. 

* Pour conclure - vous l’aurez compris - la lumière du Christ nous appelle à une vie transformée et lumineuse. 

La question est de savoir si nous acceptons de laisser toutes les zones de notre vie être illuminées par Lui : notre vie personnelle, professionnelle, associative, spirituelle, physique, sentimentale, sexuelle, relationnelle, amicale, familiale, etc. 

C’est toute notre existence qui est appelée à la lumière. 

Cela signifie, d’une part : accepter la lumière de Dieu et son amour dans notre vie, sur notre vie…. Car Dieu veut nous apporter le salut : sa guérison, son amour, sa réconciliation, sa libération…

Et, d’autre part, cela signifie : accepter de laisser Dieu transformer ce qui est encore "ténèbres", ce qui est encore dans l’ombre, ce qui est encore éteint ou blessé ou inadapté à la volonté lumineuse de Dieu, en nous et pour nous. 

A l’heure où nous prenons de bonnes résolutions pour cette nouvelle année, nous pouvons nous interroger sur ce qui pourrait être transformé positivement dans notre vie :
Quelles sont les pièces de notre demeure, de notre habitation, qui auraient besoin de la lumière de Dieu ?
Quelles sont les pièces dont nous acceptons d’ouvrir les fenêtres et les volets, pour laissé Dieu y mettre sa lumière bienveillante ? 

Qu’est-ce que nous acceptons de lâcher - ce qui est encore ombre ou "ténèbres" - pour le confier à la lumière de Dieu ?
Qu’est-ce que nous pouvons encore transformer grâce à la lumière du Christ ?

Si nous le souhaitons, nous pourrons prendre quelques minutes de silence - après cette réflexion - pour méditer personnellement sur ce point. 

A travers nos bonnes résolutions… et en toute confiance avec Dieu, notre Créateur… nous pouvons manifester notre désir de changement, notre souhait de changer de vie, pour nous laisser pleinement illuminer et transformer par l’amour du Christ… car, soyons certains que Dieu veut le meilleur pour nous. Et pour cela, il nous propose de nous ouvrir à sa lumière bienveillante. 

Amen. 

Lectures bibliques

Es 60, 19-20

Désormais ce n’est plus le soleil qui sera pour toi la lumière du jour,
ce n’est plus la lune, avec sa clarté, qui sera pour toi la lumière de la nuit.
C’est le SEIGNEUR qui sera pour toi la lumière de toujours,
c’est ton Dieu qui sera ta splendeur.
Désormais ton soleil ne se couchera plus,
ta lune ne disparaîtra plus,
car le SEIGNEUR sera pour toi la lumière de toujours […]

Ps 112, 1-6 (avec reprise du v.4)

Dans l’obscurité se lève une lumière pour les hommes droits. 
Heureux l’homme qui craint le SEIGNEUR
et qui aime ses commandements :
Sa lignée est puissante sur la terre,
la race des hommes droits sera bénie.
Il y a chez lui biens et richesses,
et sa justice subsiste toujours.
Dans l’obscurité se lève une lumière pour les hommes droits.
Il est juste, bienveillant et miséricordieux.
L’homme fait bien de compatir et de prêter :
il gérera ses affaires selon le droit :
pour toujours il sera inébranlable,
on gardera toujours la mémoire du juste.
Dans l’obscurité se lève une lumière pour les hommes droits.

Mt 2, 1-12

1Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem 2et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage. » 3A cette nouvelle, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. 4Il assembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple, et s’enquit auprès d’eux du lieu où le Messie devait naître. 5« A Bethléem de Judée, lui dirent-ils, car c’est ce qui est écrit par le prophète : 6Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le plus petit des chefs-lieux de Juda : car c’est de toi que sortira le chef qui fera paître Israël, mon peuple. » 7Alors Hérode fit appeler secrètement les mages, se fit préciser par eux l’époque à laquelle l’astre apparaissait,8et les envoya à Bethléem en disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant ; et, quand vous l’aurez trouvé, avertissez-moi pour que, moi aussi, j’aille lui rendre hommage. » 9Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route ; et voici que l’astre, qu’ils avaient vu à l’Orient, avançait devant eux jusqu’à ce qu’il vînt s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant. 10A la vue de l’astre, ils éprouvèrent une très grande joie. 11Entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; ouvrant leurs coffrets, ils lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. 12Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner auprès d’Hérode, ils se retirèrent dans leur pays par un autre chemin.

Mt 4, 12-17

12Ayant appris que Jean avait été livré, Jésus se retira en Galilée. 13Puis, abandonnant Nazara, il vint habiter à Capharnaüm, au bord de la mer, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali, 14pour que s’accomplisse ce qu’avait dit le prophète Esaïe : 15Terre de Zabulon, terre de Nephtali,
route de la mer, pays au-delà du Jourdain, Galilée des Nations !
16Le peuple qui se trouvait dans les ténèbres a vu une grande lumière ;
pour ceux qui se trouvaient dans le sombre pays de la mort, une lumière s’est levée.
17A partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous : le Règne des cieux s’est approché. »

Mt 5, 14-16


14« Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une hauteur ne peut être cachée.15Quand on allume une lampe, ce n’est pas pour la mettre sous le boisseau, mais sur son support, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. 16De même, que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’en voyant vos bonnes actions ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux.

lundi 25 décembre 2017

Devenir enfants de Dieu

Lectures bibliques : Jn 1,1-18   ; Rm 8, 11-17 ; Ep 4 & 5 (extraits) ; Mt 5 (extraits) = voir après la prédication
Thématique : Devenir enfants de Dieu ; se laisser conduire et transformer par le Souffle de Dieu
Prédication de Pascal LEFEBVRE / Noël 2017, Tonneins & Marmande

Prédication

Je vous propose aujourd’hui de méditer sur une phrase de l’évangile de Jean au centre du Prologue : « A ceux qui ont reçu la Parole de Dieu, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12). 
Ce qui peut nous faire penser à un autre verset qu’on trouve dans la 1ère épître de Jean : « Voyez de quel grand amour le Père nous a fait don : nous sommes appelés enfants de Dieu ; et nous le sommes ! » (cf. 1 Jn 3,1a). 

* Tous les ans, à Noël, nous fêtons la venue et la reconnaissance de Jésus comme « enfant de Dieu », comme « fils de Dieu ». Nous le faisons soit en lisant l’histoire de la naissance de Jésus à Bethléem, soit en lisant (comme cette année) le Prologue de l’évangile de Jean. 

Dans les évangiles, nous trouvons à plusieurs reprises cette affirmation : Jésus est Fils de Dieu… Cette confession de foi se découvre aussi bien dans la bouche des disciples et de Pierre (cf. Mt 14,33 ; 16,16) que dans celle d’un centurion romain au pied de la croix (cf. Mt 27,54).

Mais, toute la question est de savoir : qu’est-ce que ça veut dire exactement être « Fils de Dieu »?…  Qu’est-ce que nous mettons derrière ce terme ?

Je vous propose - pour réfléchir à cette question, quelques instants, - de chasser de notre esprit l’idée habituelle qu’on se fait du mot « fils » ou « fille », comme une personne qui a été engendrée physiquement, biologiquement, par ses parents.

Quand on parle de Dieu, et donc de « Fils de Dieu », on ne parle pas, ici, de biologie. 
Si nous pensons que Dieu est Esprit, Lumière, Amour… que Dieu est l’Eternel, le Créateur, le Fondement de tout être… Dieu est plus qu’une personne. Il n’est pas un Être biologique : il est au-delà de l’espace et du temps. Dieu n’est pas une réalité matérielle, visible, tangible, saisissable. 

Du coup,… quand nous parlons d’être « fils de Dieu » : nous parlons d’une réalité spirituelle, et non pas d’une réalité biologique. Il faut évidemment lever ce malentendu… car, c’est souvent un point d’achoppement avec les autres religions.  

Ainsi, les Musulmans ont raison de dire que Dieu ne peut pas avoir de « fils » au sens biologique : ça peut paraître évident… sinon nous ferrions simplement de l’anthropomorphisme.

En revanche, pour nous, Chrétiens, Dieu peut tout à fait avoir un fils… et même des enfants… si nous parlons de ses héritiers au niveau spirituel. 

C’est d’ailleurs une bonne définition du mot « fils » : 

- Être « fils » c’est être héritier de son père (ou de sa mère) : c’est hériter de son éducation, de sa manière de voir, donc de son état d’esprit. 
C’est aussi, agir à la manière de son père : on sait tous que les enfants apprennent en imitant leurs parents. C’est finalement recevoir des valeurs familiales - surtout quand elles sont bonnes et positives - comme quelque chose à adopter, à s’approprier et à transmettre, à son tour, aux générations suivantes. C’est finalement entrer dans une sorte de filiation spirituelle. 

- Mais être « fils » ce n’est pas seulement être « héritier » de son père, c’est aussi, d’une certaine manière, un jour, pouvoir le représenter et même le remplacer - s’il venait à s’absenter : 
Ainsi, on disait autrefois d’un diplomate qu’il était comme le « fils du roi » : c’est-à-dire qu’il était le représentant du roi, son mandataire, son envoyé. Il était appelé à parler au nom du roi. Il était son lieu-tenant (il tenait lieu de roi) ; il le représentait. 

Ces quelques précisions peuvent constituer une approche, pour comprendre le terme « fils de Dieu » qu’on a attribué à Jésus : 

Jésus est déclaré « fils de Dieu », parce qu’il a agi de la même manière que le Père, parce qu’il était animé de son état d’esprit, de son amour… mais aussi parce qu’il nous l’a présenté (cf. Jn 1,18), parce que, d’une certaine manière, il a été, pour ses contemporains, le « Représentant » de Dieu, son mandataire, son envoyé : celui qui est venu parler en son nom. 

* Pour expliquer comment Jésus est devenu « fils de Dieu », les évangiles recourent à plusieurs images : 

- La première se trouve dans l’évangile de Marc : il est dit qu’au moment de son baptême, Jésus a reçu l’Esprit saint, le Souffle de Dieu : Dès lors, il a été habité par cet Esprit d’amour qui vient de Dieu : il a été reconnu comme « Fils bien aimé » de Dieu (cf. Mc 1,11) : 
D’une certaine manière, on peut dire qu’il a été adopté par Dieu : son Esprit était en lui et animait toute sa vie. C’est par la force du Souffle de Dieu, en lui, que Jésus accomplissait des guérisons et qu’il parlait avec autorité et sagesse. 

- Les évangélistes Luc et Matthieu - quant à eux - vont plus loin : pour eux, c’est avant sa naissance que les choses se sont jouées - et pas seulement au moment du baptême.
Selon eux, l’Esprit de Dieu était déjà agissant en Marie, sa mère : donc, d’une certaine manière, Jésus était « prédestiné » à devenir « fils de Dieu ». Dès avant sa naissance, Dieu l’avait « choisi » pour porter son Evangile aux hommes. 

- Quand au Prologue de l’Evangile de Jean, il procède d’une autre tradition et nous propose une autre manière de voir les choses : 
Il nous dit que Jésus est le Fils de Dieu, dans le sens où il est le Révélateur de la Parole de Dieu : il est le Verbe de Dieu fait chair - la Parole de Dieu incarnée… On pourrait dire « personnifiée ». 

Ce qui indique que Jésus est celui qui a manifesté, à la fois, la présence de Dieu et sa volonté, dans l’histoire humaine, dans la chair. 
Puisqu’en Jésus, la Parole de Dieu a « dressé sa tente parmi nous » : cela signifie qu’elle s’est révélée, qu’elle a été dite et présentée.

Pour Jean, Jésus est donc celui qui nous montre Dieu (voir Jn 1,18 et aussi Jn 14, 8-11), qui nous dit sa Parole et sa volonté pour l’humanité.

* Il découle de ces différentes manières de voir les choses, trois conséquences pour nous, qui nous concernent… et qui traitent de ce sujet de façon complémentaire… 
Car, il faut bien comprendre que - pour les auteurs du Nouveau Testament - cette réalité « d’enfant de Dieu », dont Jésus a été le porteur, la figure, le représentant, ne lui est pas réservée : 

Certes, Jésus a pleinement incarné cette réalité de « Fils » comme personne avant lui (pas même Moïse : cf. Jn 1,17). Mais nous sommes - nous aussi - appelés à devenir « enfants de Dieu », à la suite de Jésus… en écoutant sa Parole… en suivant son exemple. 

- Pour le prologue de Jean, désormais, tout être humain peut devenir « enfant de Dieu » comme Jésus : à condition de l’accueillir, de le recevoir, de croire en son nom (cf. Jn 1,12) : 

Jean place la filiation divine sur le plan de la foi, de la confiance : 
Devenir « enfant de Dieu », c’est accepter de faire confiance à Dieu dans sa vie, c’est se mettre à son écoute, et croire que Jésus est le Christ, celui qui vient nous révéler la Parole et la lumière de Dieu.

Pour Jean, la foi commence avec la reconnaissance de Jésus, comme envoyé de Dieu, comme Verbe de Dieu : 
Si vraiment nous croyons que Jésus est la Parole de Dieu faite chair - sa volonté révélée aux humains - alors, nous pouvons nous mettre à son écoute. Nous pouvons décider de vivre de cette Parole dans notre quotidien et dans toutes nos relations humaines. Quelque chose change dans notre vie. 

Il me semble que c’est là la Bonne Nouvelle, le point central de ce prologue : 
Il rappelle le don qui nous est offert - en Jésus et par lui - de devenir « enfants de Dieu », en accueillant sa Parole, en nous enracinant en elle. 

Je cite à nouveau ce verset : 
« Le Verbe (la Parole, le Logos) était la vraie lumière qui, en venant dans le monde, illumine tout homme. […] A ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Ceux-là… [sont nés de Dieu]. » (Jn 1, 9.12.13).

- A côté du Prologue, nous avons aussi écouté, ce matin, d’autres passages bibliques, notamment un extrait de l’épitre aux Romains : 

Pour Paul - nous l’avons entendu - être « fils de Dieu », c’est, d’une certaine manière, faire comme Jésus, vivre du même Esprit que lui : cet Esprit qui venait de Dieu, et par lequel Jésus a vécu et même vaincu le péché et la mort… par lequel il est ressuscité. 

Paul ne connaissait vraisemblablement pas les récits de la naissance miraculeuse et de l’enfance de Jésus, qui ont été écrits plus tardivement après lui, et qui ont sans doute été teintés d’aspects merveilleux (pour ne pas dire « légendaires »). 

Pour l’apôtre, Jésus est un homme issu de la lignée de David, selon la chair. Mais, il a été établi « fils de Dieu » selon l’Esprit saint, dès sa résurrection (cf. Rm 1, 3-4). 
La résurrection vient attester de cette réalité spirituelle de « fils de Dieu » qui est celle de Jésus Christ. 

Cela confirme ce que je disais il y a quelques instants : 
Être « fils » ou « fille » de Dieu est une réalité d’ordre spirituel. 
Être enfant de Dieu, c’est avoir reçu l’Esprit de Dieu, l’avoir accueilli et décidé d’en vivre. 

Paul distingue ainsi une vie selon la chair - c’est-à-dire, selon ses désirs égocentriques, selon les attachements et les critères mondains - et une vie selon l’Esprit, selon la volonté de Dieu - c’est-à-dire, une vie animée par le Souffle de Dieu (tel que Jésus Christ en était le modèle et le porteur). 

Quand Paul parle des promesses attendues de la part de Dieu : il parle essentiellement du don de l’Esprit saint, qui est donné à ceux qui croient, qui placent leur foi en Jésus Christ : 
Le don de l’Esprit est l’objet de la promesse (cf. Ga 3,14). La réception de ce don fait de nous des enfants de Dieu. 

Je cite à nouveau ce que dit Paul : « Ceux-là sont fils de Dieu qui sont conduit par l’Esprit de Dieu. […] Cet Esprit atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » (Rm 8,14. 16). 

Cette manière de voir est conforme à ce que les évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) diront, eux-aussi, de Jésus. Pour eux, Jésus est le porteur de l’Esprit de Dieu. Le récit du baptême de Jésus est une manifestation de la présence de cet Esprit en/sur Jésus. 

Pour Paul, c’est donc la présence de cet Esprit dans le coeur des croyants qui fait d’eux des « fils adoptifs ». 
Cet Esprit nous ouvre à la confiance ; il nous libère de la peur. Grâce à lui, nous ne vivons plus comme des esclaves - des esclaves de la chair, de ses passions, de ses attachements et ses débordements - ni comme des esclaves des lois et des règles religieuses, par lesquelles nous prétendons acheter notre salut et mériter notre paradis - (cf. Ga 4, 6-7 ; Rm 8, 14-17).
En Jésus Christ, nous sommes libres, car libérés. Désormais, nous pouvons marcher par la foi, en faisant confiance à Dieu et en écoutant l’Evangile. 

C’est en recevant l’Esprit de Jésus Christ, qui est celui de Dieu, que nous pouvons nous laisser guider par Lui et accéder à l’amour et la justice qui viennent de Dieu.

- Enfin, pour terminer notre tour d’horizon et pour élargir encore un peu la perspective et la définition de l’expression « enfants de Dieu », il nous faut aussi écouter l’évangéliste Matthieu, ou plus exactement Jésus lui-même, dans le sermon sur la montagne : 

A mon avis, c’est là un des sens les plus profonds et les plus intéressants de la définition de « fils » ou « fille » de Dieu : à savoir celui ou celle qui agit à la manière de Dieu. 

Dans son sermon, Jésus explique en quoi consiste devenir « enfants de Dieu » : 
C’est, bien sûr, faire confiance à Dieu et accueillir son Esprit, mais plus encore, je dirai que c’est accepter de revoir tout notre état d’esprit, toute notre manière de penser… pour entrer dans la mentalité du monde nouveau de Dieu, du Royaume… autrement dit, pour entrer dans la mentalité de Dieu lui-même. 

Pour Jésus, il ne s’agit rien de moins que d’imiter Dieu, d’agir de la même manière que Lui, d’adopter le même comportement que Lui.

Or, selon Jésus, ce qui caractérise l’agir de Dieu, c’est la gratuité : 

Dieu se manifeste dans et par sa création - par la vie abondante et florissante, par le caractère prolifique de cette vie qui vient de Dieu : 
Jésus parle de la Providence de Dieu et de sa générosité, qui sont partout à l’oeuvre : aussi bien avec les fleurs des champs, les oiseaux, qu’avec les humains (cf. Mt 6, 25-34 ; 7, 7-11). 
Il ajoute que Dieu ne compte pas : il n’est pas le petit dieu moral que nous imaginons : il fait lever son soleil sur tous - bons ou méchants - et pleuvoir sur tous - justes ou injustes : c’est-à-dire, sur ceux qui méritent son amour aussi bien que sur ceux qui ne le mériteraient pas. 
Jésus nous fait donc sortir de la vision d’un dieu juge ou comptable.
(Ce constat devrait nous inviter, d’une part, à abandonner tout sentiment de culpabilité… et, d’autre part, à laisser Dieu transformer ce qui doit encore l’être dans notre existence : nos errements, nos ressassements et nos zones d’ombres). 

Dès lors - nous dit Jésus - être enfants de Dieu, c’est apprendre à agir comme Dieu : arrêter de compter et agir avec miséricorde et gratuité (cf. Lc 6,36).

Je cite : « Je vous dis : aimez même ceux qui vous traitent en ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin de devenir vraiment les fils de votre Père, car lui fait lever son soleil… et pleuvoir sa pluie… [sur tous, sans distinction] » (Mt 5, 44-45)

Pour Jésus, devenir « fils » ou « filles de Dieu », c’est donc entrer en gratuité : 
C’est adopter le même état d’esprit que celui de Dieu : vivre de ce Souffle d’amour et de don de soi qui le caractérise. 

Il suffit d’écouter l’Evangile où Jésus appelle inlassablement au don de soi et à la générosité (« donnez et vous recevrez ») ou simplement de regarder les merveilles de la création autour de nous pour comprendre qui est Dieu, aux yeux de Jésus : 

Dieu est comme un Père céleste qui donne sans compter : il donne, il se donne… il aime, il fait grâce… il nourrit, il guérit, il relève, il réconcilie… Dieu est don … et Jésus nous appelle à vivre et à faire de même : 
Il suffit, par exemple, de relire la parabole du fils prodigue (Lc 15), de la brebis perdue (Lc 15) ou du roi plein de compassion qui remet la dette à son serviteur (Mt 18). 

Ainsi donc, pour Jésus, être « fils de Dieu », c’est accepter cet Esprit d’amour et de gratuité qui vient de Dieu… et c’est décider de s’y inscrire… décider d’essayer d’adopter ce nouvel état d’esprit, ce nouveau comportement. 

Bien entendu, ce n’est pas si simple. Ce n’est pas forcément naturel. Car nous avons toujours peur d’y perdre. Et c’est bien là le problème : c’est plus souvent la peur que l’amour qui nous anime. 

Nous savons combien la gratuité est quelque chose de rare et de précieux dans notre monde. 
Le plus souvent, nous avons tendance à agir par peur, en cherchant la sécurité, ou par intérêt, en cherchant le profit. Nous calculons toujours au plus utile, au plus rentable. 

Il s’agit donc d’un changement complet - d’un renversement - de nos habitudes. Nous devons bien le comprendre ! 
L’enjeu est d’entrer, pas à pas, dans cette démarche décoiffante… qui nous introduit dans la nouveauté : une nouveauté dont notre monde a bien besoin. 

Jésus nous appelle ainsi à sortir des relations de réciprocité, de miroir, de « donnant-donnant », pour prendre l’initiative de la confiance et du bien (cf. Mt 7,12 ; Lc 6,36) : il nous invite à agir de façon désintéressée, à faire les premiers pas de l’amour et de la générosité à chaque fois… Car c’est comme cela - dit-il - que Dieu agit : Il nous tend inlassablement et gratuitement la main. A nous de faire de même !

* Pour conclure, on peut s’arrêter encore un bref instant sur les conséquences de ce nouvel état d’esprit. 

- Que se passe-t-il quand nous arrivons à faire comme Jésus, le fils de Dieu ? (car, je crois que parfois nous y parvenons, de temps à autres)

Quand nous parvenons à nous inscrire dans l’amour et la gratuité, alors nous faisons rayonner la lumière de Dieu… ainsi que Jésus l’a fait briller pour ses contemporains… lui qui est présenté, dans le Prologue, comme la vraie lumière (cf. Jn 1,9 ; voir aussi Jn 8,12).

La conséquence de ce changement d’état d’esprit, Paul l’exprime très bien dans son épitre aux Ephésiens : 

En agissant de la sorte, en incarnant l’Esprit de Dieu - à la suite de Jésus Christ - nous devenons « enfants de lumière »: nous expérimentons et nous permettons aux autres d’expérimenter quelque chose de la lumière de Dieu : nous devenons « une étoile » qui ouvre à l’espérance, comme celle que suivront symboliquement les mages… nous devenons « sel de la terre » et « lumière du monde » pour reprendre les mots de Jésus, dans l’évangile selon Matthieu (Mt 5, 12-16). 

Je cite un dernier extrait des Ephésiens (cf. Ep 5) : 
« Imitez Dieu, puisque vous êtes des enfants qu’il aime ; vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimé et s’est lui-même donné pour nous […] Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez en enfants de lumière. Et le fruit de la lumière s’appelle : bonté, justice, vérité ». 

- On le voit donc, devenir enfant de Dieu, c’est, à la fois, un don et un engagement. Cette décision, c’est d’accepter de recevoir le don de Dieu et d’en vivre. 

Être enfant de Dieu, c’est, à la fois, une grâce et un acte de confiance : 
.Savoir que Dieu nous aime ; savoir que Jésus Christ est venu révéler sa Parole, sa volonté et sa grâce. 
.Mais, c’est aussi, entrer dans cette grâce et y répondre : c’est accepter de recevoir l’Esprit saint, et avec lui, entrer dans un nouvel état d’esprit, qui nous appelle au changement, à une renaissance spirituelle : 
C’est ce que Jésus dit à Nicodème (cf. Jn 3) quand il parle de « renaissance spirituelle », de « renaitre d’en haut ». C’est un nouveau chemin qui s’ouvre à nous. 

Il faut donc envisager la « filiation de Jésus » et la « nôtre » dans le même sens que la « paternité de Dieu », c’est-à-dire, non pas dans le sens biologique de la procréation, mais dans un sens symbolique et spirituel : dans le sens d’une naissance spirituelle d’en haut qui se situe au creux de nous-même, dans notre intériorité. 

Il s’agit d’accepter d’entrer dans une relation personnelle et intime avec Dieu… de s’ouvrir à une vie nouvelle marquée du sceau de Dieu… donc de se laisser transformer intérieurement par son Esprit (cf. Ep 4, 23-24).

Jésus nous montre qu’il est tout à fait possible, à la fois, d’être engendré humainement et de naître de Dieu. 
C’est précisément le programme qu’il propose à ses disciples : oser lâcher son ego, accepter d’abandonner ses attachements (qui, souvent, nous rendent esclaves) et se laisser inspirer et guider, jour après jour, par le Souffle de Dieu. 

Les récits de Noël sont donc, d’une certaine manière, des récits de Pentecôte : 
Nous apprenons que, dès les commencements, Jésus était le porteur de l’Esprit de Dieu… qu’en portant ce Souffle de Dieu, il a incarné sa Parole, sa volonté, sa bonté, sa lumière. 

A nous, désormais, d’oser entrer dans cet Esprit d’amour et de gratuité qui vient de Dieu : Pour cela, nous avons un exemple, un phare, une étoile : Jésus Christ.

Comme lui… laissons Dieu être Dieu en nous-même !  

Amen. 


NOEL 2017 - Lectures bibliques 

- Extrait de Jn 1,1-18 

« Au commencement était [le Logos] la Parole,
et la Parole était tournée vers Dieu et la Parole était Dieu.
2. Elle était au commencement tournée vers Dieu.
3. Tout fut par elle et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.
4. En elle était la vie et la vie était la lumière des hommes.
5. Et la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point reçue. […]
9. Elle était la vraie lumière qui, venant dans le monde, brille pour tous les hommes.
10. Elle était dans le monde et le monde a été fait par elle et le monde ne l’a pas connue.
11. Elle est venue dans son propre bien et les siens ne l’ont pas accueillie.
12. Mais à ceux qui l’ont reçue - à ceux qui croient en son nom - elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu,
13. eux qui ne sont nés, ni du sang ni de la volonté de la chair ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.
14. Et la Parole a été chair (a pris chair) et elle a habité (elle a dressé sa tente) parmi nous (en nous) et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle que tient du Père  le Fils unique (l'Engendré), pleine de grâce et de vérité. […]
16. De sa plénitude, tous, nous avons reçu, et grâce sur grâce.
17. La Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
18. Dieu, nul ne l’a jamais vu. Fils unique Dieu (l'Engendré divin), celui qui est tourné vers le sein du Père, celui-là nous l’a fait connaître [il nous l’a présenté] ! »

- Rm 8, 11-17

Si l’Esprit de Dieu (de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts) habite en vous, Dieu (celui qui a ressuscité Jésus Christ d’entre les morts) donnera aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous.
12 Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais non envers la chair pour devoir vivre de façon charnelle. 13 Car si vous vivez de façon charnelle, vous mourrez ; mais si, par l’Esprit, vous faites mourir votre comportement charnel, vous vivrez. 
14 En effet, ceux-là sont fils de Dieu qui sont conduits par l’Esprit de Dieu : 15 vous n’avez pas reçu un esprit qui vous rende esclaves et vous ramène à la peur, mais un Esprit qui fait de vous des fils adoptifs et par lequel nous crions : Abba, Père. 16 Cet Esprit lui-même atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. 17 Enfants, et donc héritiers : héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ, puisque, ayant part à ses souffrances, nous aurons part aussi à sa gloire.

- Ep 4 & 5 (extraits) : Ep 4, 22-24.32 - Ep 5, 1-2. 8-10

Il vous faut, renonçant à votre existence passée, vous dépouiller du vieil homme qui se corrompt sous l’effet des convoitises trompeuses ; 23 il vous faut être renouvelés par la transformation spirituelle de votre intelligence 24 et revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité. […]
32 Soyez bons les uns pour les autres, ayez du cœur ; pardonnez-vous mutuellement, comme Dieu vous a pardonné en Christ.
1 Imitez Dieu, puisque vous êtes des enfants qu’il aime ; 2 vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous […] 
8 Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez en enfants de lumière. 9 Et le fruit de la lumière s’appelle : bonté, justice, vérité. 10 Discernez ce qui plaît au Seigneur. 

- Matthieu 5 (extraits) : Mt 5, 9. 43-48

Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu. […]

43 « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. 44 Et moi, je vous dis : Aimez ceux qui vous traitent en ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, 45 afin d’être (de devenir) vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux, car, lui, il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes. 46 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense allez-vous en avoir ? Les collecteurs d’impôts eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? 47  Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens n’en font-ils pas autant ? 48 Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

dimanche 17 décembre 2017

Lc 1, 39-56

Lectures bibliques : So 3, 14-18a ; Ps 33, 2-3. 11-12. 20-21 ; Lc 1, 39-56
Thématique : le Magnificat, comme annonce du salut de Dieu… de l’accomplissement des paroles des prophètes et des psaumes.   
Prédication de Pascal LEFEBVRE / Marmande, le 17/12/17

* La période de l’Avent constitue pour les Chrétiens un temps de préparation et d’attente :
Attente de la venue du salut de Dieu, qui va se manifester en Jésus Christ. 
Et préparation à recevoir ce cadeau de Dieu… le mystère de la présence de Dieu en Jésus Christ. 

Ce mystère que la théologie a appelé « incarnation » nous conduit à un double mouvement : 
- D’une part, nous mettre à l’écoute de l’Evangile, puisque Jésus y est présenté comme la Parole de Dieu faite chair, le Verbe incarné et manifesté de Dieu (cf. Jn 1, 1-18).
- Et, d’autre part, ce mystère nous ouvre à l’accueil du Souffle de Dieu en nous. Il nous conduit à nous ouvrir à la présence de Dieu dans notre intériorité par son Esprit saint … car c’est ainsi qu’il a agi en Marie, par son Esprit : Il est venu l’habiter et la transformer.  

Le mystère de l’incarnation nous invite donc à réfléchir personnellement :
Qu’est-ce qu’on attend de Noël ? … et comment nous y préparons nous ?

Le fait que Dieu choisisse de se révéler dans notre humanité en Jésus (et par lui) : qu’est-ce que cela nous dit de Dieu ? Qui est-il pour nous ?

Enfin, cela nous fait réfléchir à la présence de Dieu au coeur de notre vie : 
Si Dieu - par son Esprit - est venu se manifester et se révéler en Jésus : ne peut-il pas aussi se rendre présent en nous ? 
Lui laissons-nous de la place pour qu’il agisse dans notre vie et notre coeur ? Acceptons nous d’être comme Marie : d’accueillir sa présence avec confiance et d’accueillir sa grâce - sa joie - au sein de notre existence ? 

Oui… Qu’est-ce que ça change vraiment pour nous que Dieu soit venu se révéler dans notre humanité ? C’est la question que Noël nous pose. 

* 1) Pour entamer cette méditation, je vous propose de nous arrêter [ce matin / cet après midi] quelques instants sur la prière de Marie : 
Le Magnificat est un hymne qui chante la gratitude personnelle de la mère de Jésus, pour l’accomplissement des promesse de l’Alliance, en faveur de tout le peuple de Dieu. 

Marie est la figure exemplaire du croyant… de celle ou de celui.. qui fait confiance en Dieu, qui se met à l’écoute de la volonté de Dieu, qui se rend disponible au Seigneur. 

Dans sa prière, Marie fait preuve de reconnaissance. Elle rend grâce à Dieu pour sa bonté et sa sollicitude… elle exprime sa joie.

Sa prière d’exaltation est une manière de remercier Dieu pour sa bonté et sa confiance. Elle manifeste à travers ses mots qui est Dieu pour elle :

Dieu est quelqu’un, une Force :
  • qui intervient
  • Qui rend justice
  • Qui relève
  • Qui prend soin
  • Qui comble de bien
  • Qui est fidèle à ses promesses
Devant la grâce de Dieu, elle ne peux qu’exprimer sa joie et sa gratitude.

Cette prière nous entraine, nous aussi, à réfléchir à qui est Dieu pour nous ?
En quoi et pour quoi avons-nous envie - et pouvons nous - le remercier dans notre vie ?

Quels sont les dons que nous avons reçus dans notre existence ?… et pour lesquels nous aimerions le louer et le bénir ?

Bien souvent, par fatigue, par habitude ou lassitude, il nous arrive de voir tout ce qui na va pas bien : notre solitude, nos angoisses, notre fatigue physique ou mentale, notre corps qui perd ses forces face à la maladie ou la vieillesse, des amis ou des proches qui disparaissent, le journal télévisé qui montre souvent la laideur et la souffrance du monde, etc. 

Alors, parfois, plutôt que de voir le verre à moitié vide… ne pourrions-nous pas essayer de faire comme Marie, qui choisit de s’inscrire résolument dans la gratitude… qui veut voir le bonheur qu’il y a d’être vivant, tout en se sachant aimé(e) Dieu.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’être naïf ou inconscient, mais d’oser la confiance… de croire que Dieu est là… qu’il nous soutient… que sa Parole s’accomplit… malgré les malheurs et les maux de l’existence : 
C’est ce que fait et vit Marie dans sa relation à Dieu. Elle nous apprend la force de la confiance et de la gratitude. 

* 2) Deuxième point : la prière de Marie nous ouvre au mystère de l’incarnation.

Pour parler de cette idée d’ « incarnation », on emploie souvent - à tort - l’expression : « Dieu s’est fait homme » (qui fut employée par Irénée, un père de l’église… puis reprise par Athanase, Grégoire de Naziance, Gérgoire de Nysse et d’autres). 
Mais, si vous relisez ce que dit le Prologue de Jean, ce n’est pas ce qui est dit exactement : il dit « le Verbe de Dieu - sa Parole - est devenue chair : est entrée dans la chair : Elle a planté sa tente parmi nous (cf. Jn 1,14). 

Souvent, nous comprenons mal le concept/ la doctrine cachée derrière le terme « incarnation » : nous l’envisageons à la manière d’un mythe grec où un dieu devient un homme, par exemple, pour descendre sur terre, afin de s’introduire dans l’humanité et éventuellement - dans la mythologie - de pouvoir séduire une jeune femme.

Or, il ne s’agit pas de transformation dans l’incarnation : Dieu qui est Esprit - qui est l’Eternel, le Vivant - reste Dieu. Il ne se transforme pas en quelque chose ou quelqu’un : il ne « devient » pas un homme… au sens d’un changement d’état. 

L’incarnation ne veut pas dire que Dieu devient un homme, au sens d’une transformation, d’une métamorphose.
Elle signifie que Dieu se révèle dans notre humanité dans l’homme Jésus.

Cela veut dire que Dieu vient se manifester au creux de notre humanité, dans notre histoire humaine. 

Ainsi, il vient révéler son amour aux humains à travers un homme : Jésus, qui sera reconnu comme Christ… c’est-à-dire comme le Représentant de Dieu, son lieu-tenant (celui qui tient lieu de Dieu), qui manifeste sa Parole et sa volonté aux yeux de tous.  

Tous les ans, nous relisons ces passages du Nouveau Testament autour de l’Annonciation ou la Visitation : nous pouvons y réfléchir à la lumière de notre propre actualité : 

Que signifient cette période de l’avent et de Noël pour notre vie d’aujourd’hui ? Quel sens cela peut avoir pour nous ? Quelle perspective et quelle direction l’Evangile nous ouvre-t-il à travers ces récits ?

Et qu’est-ce que ça veut dire, pour nous, cette incarnation - cette révélation - cette manifestation de Dieu ? Qu’est-ce que ça change pour notre monde ?…. et pour nous personnellement ?

L’incarnation est un mystère… car il est difficile pour nous de penser Dieu… et de penser que Dieu, l’Eternel, le Créateur, le Fondement de l’être… le Dieu qui est Esprit, Amour, Lumière… puisse se rendre présent dans / et à travers / un humain.

Au-delà des mots et des doctrines… ce mystère signifie que Dieu nous aime. Qu’il veut se faire proche de nous. Qu’il prend soin de nous : Qu’il veut être « Emmanuel » : Dieu avec nous. … 
Mais, nous, voulons-nous être des humains - des hommes et des femmes - avec Dieu ?

Ainsi, la Bonne Nouvelle qui est exprimée à travers le mystère de l’incarnation, c’est que Dieu n’est pas un dieu distant et désintéressé… mais un Dieu attentif à sa création et ses créatures : un Dieu - qui est comme un Père ou un Berger : un Dieu qui prend soin des siens…. Comme un père aime ses enfants. 

Noël, c’est donc la découverte ou la redécouverte que Dieu vient manifester son amour - mais aussi sa volonté - pour nous, à travers Jésus : 

Il nous dit, à travers lui, ce que c’est d’être un « être humain véritable » (un « Homme » ou une « Femme » véritable). 
Car Jésus a été l’image d’un être humain pleinement humain, vivant sans cesse de l’amour / et par l’amour / qui vient de Dieu. 

 * 3) Troisième et dernier point : on peut se mettre à l’écoute de la manière de voir que Luc nous propose dans son Evangile : 
Pour lui, il est question de foi, d’accomplissement et de justice. 

Luc relie la venue de Jésus au salut de Dieu et à sa justice. 
C’est important de le rappeler, car, bien souvent, nous pouvons éprouver - face à toutes les catastrophes annoncées aux journaux télévisés - l’injustice et la dureté du monde. 

Dire que le salut (le règne de Dieu) approche en Jésus Christ, cela signifie que si nous nous mettions vraiment à l’écoute de l’Evangile : nous pourrions enfin trouver - pour notre monde - la voix/voie de la justice et de la paix que Dieu veut pour les humains.

Pour l’évangéliste Luc, la naissance de Jésus récapitule toutes les promesses de l’Ancien Testament et signifie qu’elles seront tenues. 
En Jésus, Dieu manifeste son salut à son peuple. Il lui montre le chemin de vie, pour l’arracher à sa captivité et à son malheur… pour le guérir de toutes ses blessures. 

Pour Luc, c’est en Jésus que s’accomplit toute l’Ecriture. 
Il emploie ainsi le mot « teleiôisis » : accomplissement, achèvement, pour décrire ce qui va advenir par la venue de Jésus.

En mettant dans la bouche de Marie, le chant de louange du Magnificat, l’évangéliste veut montrer que Marie n’est pas seulement une femme de foi, elle a réellement conscience qu’en Jésus, « Dieu sauve ». C’est d’ailleurs le sens du prénom « Jésus » ou « Josué ». 

Dans sa prière de louange, Marie se fait ainsi la voix de tous les pauvres, les malheureux, les malades, les déshérités, auxquels « justice » va être rendue, par Jésus. Car, il est celui qui va accueillir les exclus et les marginaux. Celui qui va apporter guérison, paix et réconciliation.

Par lui, Dieu va retourner la situation : il va précipiter les puissants (et leurs idées de domination) de leur trône, et relever et exalter les humbles. 

L’accomplissement de cette promesse de salut et de justice exprime toute l’espérance des psaumes et des prophètes, dont Marie reprend les paroles dans le Magnificat. 

On voit donc - à travers cet hymne - que pour Luc, Marie constitue la personnification symbolique du peuple Juif, qui « attend » le messie. Elle est présentée comme la « Fille de Sion ».

Or – comme les prophètes l’avaient annoncé – il avait été promis à cette Fille de Sion qu’elle aurait Dieu en son sein (So 3, 14), qu’elle enfanterait (Mi 4, 10) et qu’elle donnerait naissance au Messie (Es 7, 14).

La foi qui est celle des évangélistes Luc et Matthieu, c’est que tout cela - toutes ces prophéties - se réalise(nt) enfin avec la venue de Jésus. 

Luc reporte donc sur la figure de Marie toutes les caractéristiques que les Ecritures (ici, l’Ancien Testament) attribuaient à cette Fille de Sion. Et cette réalisation débouche sur la gratitude : Marie est présentée comme une humble servante, au service du dessein de Dieu, de sa volonté bienveillante pour l’humanité. 

* Pour conclure… Je crois - chers amis - que nous pourrions faire nôtre cette gratitude qu’exprime la mère de Jésus. 
Chacun pourrait reprendre à son compte ce chant merveilleux et remercier Dieu d’avoir posé son regard d’amour - son regard de Père - sur son insignifiance et fait en lui de grandes choses. 

Car, oui… nous sommes - nous aussi - un peu comme Marie : nous sommes des « petits » : nous sommes de simples créatures sur une petite planète perdue d’une petite galaxie dans un univers infini. Et pourtant ce Créateur porte un regard d’amour sur nous. 

Le Magnificat nous redit que Dieu ne tient pas compte de nos titres, de nos mérites, de nos réussites à vues humaines, pour nous aimer. 
Au contraire, il balaie toutes nos étiquettes et nos critères de jugement. Il exalte notre petitesse et rassasie nos faims. 

Comme Marie… c’est seulement dans notre humanité, au coeur de notre vulnérabilité et de nos fragilités, que nous pouvons oser faire confiance à Dieu et le rencontrer, pour recevoir son amour. 
Parce que nous nous savons pauvres, nous pouvons accueillir sa Parole en Jésus Christ. 

Comme Marie… laissons son Esprit saint nous habiter, nous relever et nous transformer.   


Amen.